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Innover dans les formations d’insertion ? Partie 1

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Innover, comme le note C. Hadji, c’est « une exploration du champ de la réussite possible » et non une transformation ou une rénovation.

C’est « l’introduction dans un système établi d’un élément véritablement nouveau, c’est-à-dire encore inconnu ou inédit. Elle n’a véritablement d’intérêt que si elle contribue à améliorer un fonctionnement». Elle permet d’expérimenter d’autres rôles, d’autres pratiques, de montrer que des stratégies minoritaires sont possibles et peuvent être gagnantes.

L’innovation indique une piste possible pour d’autres acteurs dans d’autres conditions concrètes et identifiées. En effet toute innovation est un changement, mais un changement n’est une innovation que s’il est délibéré, intentionnel et volontaire. Les règles du jeu changent, et doivent impérativement laisser des espaces de liberté aux acteurs afin qu’ils puissent recomposer de nouveaux rôles lorsque l’institution est trop rigide.

 

L’innovation et formation

Dans la société actuelle l’intégration par le travail reste une donnée majeure des actions de formation, compte-tenu du poids du travail dans les habitus sociaux. De ce fait les interrogations concernant l’intégration des chômeurs évoluent et se complexifient. Au-delà de la réflexion à mener sur le nécessaire changement des représentations de l’emploi et du travail, la question se pose de la qualification générale minimum requise pour trouver un emploi.

Est-il possible de qualifier en dehors des situations de travail réelles ?. Et comment les entreprises peuvent-elles associer à leur activité des individus dont la qualification professionnelle est à construire ? Parallèlement il est clair que de plus en plus, les salariés devront, à plus ou moins long terme, redéfinir leur poste de travail, aller vers de nouvelles tâches et de nouvelles entreprises, apprendre à apprendre d’autres métiers.

En effet, tout individu est éducable, et il n’existe pas « d’irréductibles inemployables » comme pourrait parfois le penser les services publics de l’emploi. Une représentation qui tend d’ailleurs à s’étendre au niveau plus global de la société, et qu’il faut dépasser. Pour arriver à atteindre leurs objectifs, les formations d’insertion doivent favoriser au maximum des apprentissages formels et professionnels diversifiés, mais également l’analyse par chaque stagiaire de ses besoins et de ses manques au fur et à mesure de son parcours. Dans ce cadre, la place du formateur est centrale. Ce dialogue favorise par ailleurs la restauration de liens sociaux qui se construisent durant le temps de formation.

Dans les actions d’insertion, le travail de groupe permet l’échange d’informations, d’expériences, de pratiques, mais aussi l’enrichissement personnel de chacun dans sa confrontation et par l’acceptation des autres. Mais il est également essentiel de diversifier les représentations des formés, représentation de soi en tant qu’individu global et singulier, représentation de soi en situation de travail, représentations des métiers et des secteurs d’activité, représentations du marché et de l’accès à l’emploi, des modes de travail, de la place du travail dans un projet de vie global, afin de mettre en œuvre un projet personnel et professionnel réaliste.